Oltremani Italia rejoint la mobilisation internationale de la société civile promue par Refugees in Libya et ECCHR, European Center for Constitutional and Human Rights, à l’occasion de l’audience de confirmation des charges contre Khaled Mohamed Ali El Hishri devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.
Qui est El Hishri
El Hishri est un membre éminent de la milice libyenne Al-Radaa, la même milice à laquelle appartient Osama Elmasry et qui gère les camps de détention en Libye occidentale. Arrêté en Allemagne en juillet 2025 et transféré à la Cour Pénale Internationale en décembre, El Hishri est la première personne à devoir répondre de crimes liés à la détention de personnes migrantes en Libye depuis l’ouverture du dossier sur le pays nord-africain en 2011. Les charges retenues comprennent 12 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont meurtre, torture, violence sexuelle et persécution, commis dans le camp de détention de Mitiga entre 2015 et 2020. Le Procureur international considère que ces pratiques constituaient des instruments ordinaires de contrôle au sein de la structure, dans le cadre d’un système délibérément coercitif et organisé de manière hiérarchique.
Une audience historique
L’audience du 19 mai permettra aux juges de la Chambre Préliminaire I d’évaluer s’il existe des preuves suffisantes pour ouvrir un procès. Pendant des années, les crimes commis dans les camps de détention libyens ont été documentés et dénoncés, mais les témoignages des survivantes et des survivants ont été ignorés. Cette première audience marque une rupture dans ce schéma, reconnaissant une valeur juridique aux voix de celles et ceux qui, depuis des années, mènent une bataille pour la justice et la restitution de la dignité humaine aux victimes de la torture et à leurs proches.
La responsabilité européenne dans le système de détention libyen
Ce qui se passe à Mitiga et dans les autres centres de détention libyens est un système consolidé, connu et cautionné par les institutions internationales, devenu au fil du temps une véritable industrie de la détention fondée sur le contrôle violent des routes migratoires.
Ce qui le rend possible, ce sont les financements que l’UE destine depuis des années à la soi-disant garde côtière et aux milices libyennes, présentés comme des outils de gestion des flux migratoires mais servant, en réalité, uniquement à repousser celles et ceux qui cherchent à atteindre l’Europe. Comme le rapportait déjà Human Rights Watch en 2023, depuis 2017 plus de 100 000 personnes qui tentaient de fuir la Libye ont été interceptées et renvoyées, grâce au soutien économique et logistique fourni en premier lieu par l’État italien, finançant ainsi les mêmes trafiquants d’êtres humains que nous devrions, au contraire, combattre.

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